Lorsque j’ai découvert le talent de portraitiste de Renaud, je n’ai une qu’une envie, c’est vous partager son travail. Si vous vous êtes déjà essayé au portrait en sculpture, vous savez certainement que c’est une discipline très exigeante, qui ne supporte pas l’approximation.

Renaud à le don de rendre “vivantes” les personnes dont il fait le portrait. Il a eu la gentillesse de répondre à mon petit questionnaire et nous délivre quelques-uns de ses secrets.

Merci de respecter le travail des artistes vous pouvez vous inspirer, mais pas copier.

Si vous arrivez sur ce blog pour la première fois, vous serez peut-être intéressés par mon livre « Réussir ma première sculpture facilement » dans lequel je vous donne toutes les bases pour réaliser et réussir vos modelages dans la terre. Pour le télécharger gratuitement cliquez ici.

Votre univers artistique est vraiment unique Renaud, vous avez choisi le portrait qui n’est pas une expérience facile en modelage, pouvez-vous nous dire pourquoi ?

Un jour, ma mère m’a offert un pain d’argile… L’envie de faire des visages m’est venue de suite. Je n’ai aucune formation artistique et je sculpte à l’instinct, je suis allé jusqu’au bout de cette première expérience, mais je n’ai pas continué, mon emploi me prenait trop de temps, c’était en 2003.

Des années plus tard, j’ai eu l’opportunité de m’y remettre, pour des raisons personnelles j’ai eu du temps libre et ce fut l’occasion inespérée, j’ai remis les mains dans la terre et c’était repartie.

Qu’est-ce qui vous inspire et comment choisissez-vous vos sujets ? Travaillez-vous sur commande ?

Je sculpte que des sujets qui m’inspirent, je passe beaucoup de temps à les étudier sous toutes les coutures, donc autant choisir des visages que j’aime. Faire ressortir le regard, donner une âme à la matière, c’est toujours un réel plaisir. Il m’arrive de temps en temps de travailler sur commande, c’est un autre challenge surtout si je connais la personne.

Je ne cuis pas mes pièces, mes sculptures restent brutes, car je n’ai jamais eu l’opportunité ni ressenti le besoin de passer cette étape.

Partez-vous d’un modèle vivant ou de photos ?

Jusqu’à présent, je sculpte à partir de photos, j’en récolte sous plusieurs angles, quand c’est possible, face, trois-quarts et surtout le profil, car c’est une des parties qui détermine beaucoup l’identité d’un sujet, le regard est aussi très importants. Je sélectionne plutôt des photos contrastées et en noir et blanc qui permettent une meilleure lecture des volumes.

Avez-vous une terre de prédilection et pourquoi ce choix ?

Jusqu’à présent je n’utilise que de l’argile blanche et lisse, elle a l’avantage de permettre plus de précision dans les petits détails qui sont si important dans la ressemblance d’un portrait.

Est-ce qu’il y a une liste de matériel spécial pour le portrait en sculpture ?

Je sculpte à l’instinct, avec ce que j’ai sous la main…petite lime à ongle, petits outils de base, brosse à dents…J’ai le matériel pour prendre des mesures, mais je ne m’en sers pas.

Pouvez-vous nous partager en quelques mots, vos secrets pour réussir un portrait ? 

Je pars généralement d’un support en fer, c’est possible parce que je ne cuis pas mes sculptures, sinon il faudrait évidemment ôter l’armature avant cuisson.

J’entoure la partie haute de mon support de papier journal, cette boule de papier journal est ma base pour former le crâne, cela permet aussi d’alléger le modelage.

A partir de là, je pars du cou et je forme ma première ébauche.

Je plisse aussi souvent des yeux, en regardant mes photos/modèles, pour en avoir une image plus grossière et m’aider à former ma première ébauche.

Je me sers de plusieurs lumières que j’allume ou j’éteins pour faire ressortir les reliefs, en effet je préfère l’éclairage par-dessus pour les reliefs et l’éclairage de face pour les détails.

Le piège, c’est d’essayer de faire son visage en restant trop de face, chaque détail doivent être placés en considérant la forme et la profondeur.

Je me repère très facilement dans l’espace, ce qui me facilite sûrement le travail.

Les yeux par exemple sont à une certaine distance du nez, de face, il est facile de les placer en regardant toujours le modèle pour rester connecté à la ressemblance du sujet. Il faut d’abord contrôler les profondeurs et seulement après attaquez les détails.

Je n’hésite pas à enlever ou à ajouter de la matière « au feeling » à volonté, tel une gomme sur du papier, pour me rapprocher au plus près de mon modèle.

Le principal dans l’élaboration d’une sculpture, c’est de conserver celle-ci « humide » jusqu’à sa finalisation… Je vous conseille un torchon humide, plus un sac plastique étanche entre vos séances de travail. Et n’hésitez pas lorsque vous travaillez à humidifier votre sculpture avec un vaporisateur quelconque sans en abuser…

Pour moi, il y a des jours « avec » et des jours « sans ». Je ne force rien, si ce n’est pas le bon jour, je m’abstiens et je verrai « le lendemain ».

Avez-vous un message à faire passer à travers votre art ?

Je pense qu’il n’y a pas besoin de formation ou d’école pour faire ce qui nous plaît, effectivement je dois faire beaucoup d’erreurs, mais comme dit le proverbe, « c’est en forgeant qu’on devient forgeron. »

Quels sont vos rêves les plus fous ?

Comme beaucoup d’artistes, j’aimerais pouvoir vivre de ma passion et réaliser des bronzes.

Vous pouvez retrouver le travail de Renaud Sculpteur sur sa page facebook

et aussi le contacter par email à chevillotte.renaud@neuf.fr si vous souhaitez lui commander un portrait.